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« 2014 ? Une année très dynamique et très chargée pour Ad Astra films! »

19 décembre 2013 / par / 0 Commentaire

CANNOIS DU MOIS DE DECEMBRE

Sébastien Aubert, directeur, et David Guiraud, Directeur artistique d’Ad Astra Films.

Fondée en mars 2008, Ad Astra Films est une société de production cinématographique basée à Cannes. En l’espace de quelques années, Ad Astra Films est devenue l’un des principaux acteurs de la production régionale, ainsi que l’un des distributeurs de courts-métrages les plus reconnus sur la scène internationale, notamment grâce à ses deux qualifications aux Oscars.

Le Réseau : David et Sébastien, vous êtes les jeunes cannois du mois de décembre pour être associés dans Ad Astra Films, une société cannoise de production de films. Quels sont vos rôles ?

Sébastien: Je suis gérant de la société que nous avons créée, David et moi-même, en mars 2008. Mon activité est assez large mais est essentiellement accès sur la partie financière des films de cinéma que nous produisons. Recherche de financement pour nos projets de films, préparation des dossiers, management des équipes, négociations avec les prestataires… Je me déplace régulièrement dans les festivals internationaux comme Clermont-Ferrand, Berlin, Sundance, Venise, Abu Dhabi… de manière à fortifier notre réseau et à trouver de nouveaux réalisateurs talentueux.

Nous avons également créé une nouvelle branche qui s’appelle FILMS06 et que je dirige. FILMS06 est la marque corporate d’AD ASTRA FILMS qui réalise des films institutionnels, des pubs, et organise des team buildings cinéma (cohésion d’équipe à travers la découverte de la réalisation d’un film).

David: Mon métier premier est réalisateur. Sébastien et moi-même avons créé la société dans le but de produire mon premier court-métrage « Le Tonneau des Danaïdes ». A côté de mes projets en tant que réalisateur, je suis directeur artistique de la société. Je m’occupe de toute la gestion de nos films (press kit, cassettes de diffusion pour les chaînes TV, supervision de la distribution en festival…). Je réceptionne également les nouveaux projets de scénarios qu’on reçoit ainsi que les films qui nous sont envoyés pour la distribution.

Pour la branche FILMS06, je réalise et monte les films de commandes que nous avons.

Producteur, réalisateur mais aussi entrepreneurs. Pas trop dur de concilier vie d’entrepreneurs et vie d’artistes? En quoi la pépinière d’entreprises vous aide dans votre projet?

David: Non pas tant que ça, car nos tâches sont vraiment bien réparties. La vie d’entrepreneur c’est plus Sébastien qui l’a mène et la vie d’artiste, plus moi. Ensuite concernant la pépimière, celle-ci nous a amené une crédibilité supplémentaire : bureaux modernes pour accueillir nos rendez-vous, un emplacement à deux pas du Palais pendant le festival de Cannes… Ces bureaux dans la pépinière ont été un accélérateur de croissance. Nous étions une des premières sociétés à profiter de cette initiative de la ville de Cannes pour soutenir les jeunes entrepreneurs, et donner un nouveau souffle à l’industrie de l’image (cinéma, jeux vidéo, etc…).  Cette pépinière était un premier pas vers un plus grand projet de la ville qui est en train de développer son pôle images sur 5 200 m2.  Bientôt nous allons déménager dans ces nouveaux locaux à la Bastide Rouge avec d’autres sociétés. Nous sommes très heureux que Cannes soit en train de devenir la ville du cinéma même en dehors de la période du festival.

Sébastien: Je ne suis pas un artiste à proprement parler. Mon rôle est plutôt celui de conseiller, tant au niveau du scénario que du montage, du choix de la musique, etc. Je n’impose jamais mes préférences, même si parfois je me bats pour que le projet prenne telle ou telle orientation.

La pépinière nous a permis de rencontrer de nouveaux collaborateurs artistiques, et a créé une véritable dynamique entrepreneuriale à Cannes !

En 2012, des jeunes cannois ont eu la chance de participer pour la première fois à un tournage, celui de Social Butterlfy qui a été sélectionné au Festival de Sundance. Consécration ou suite d’une série de succès?

David: Un peu des deux (sourire)

Cette sélection à Sundance pour Social Butterfly était une réelle surprise puisque le film s’est fait très vite. De l’écriture du scénario jusqu’à la fin de la post production, il n’y a eu que 3 mois ! Or, d’habitude, le processus de production prend presque 2 ans. On peut parler d’une série de succès aujourd’hui car nous avons 2 films sélectionnés (« Black Mulberry » et « Jonathan’s Chest »)  à Sundance pour cette nouvelle édition 2014 ! Notre équipe part aux Etats-Unis au mois de Janvier pour représenter ces deux films. Nous vous invitons à suivre cette compétition de près avec nous sur notre page Facebook (Ad Astra Films), sur Tweeter (@Ad_Astra_Films) ou encore sur Instagram (Adastra Films).

Sébastien: J’avais décidé de faire venir Lauren (réalisatrice de Social Butterfly ) chez nous sur la Côte d’azur pendant l’été 2012, pour qu’elle puisse travailler sur son projet de long métrage. Au final, de ce long séjour azuréen est née l’idée de Social Butterfly. On a donc fait le film avec notre équipe locale et pour un budget très serré. Le tournage a duré cinq jours dans la maison de David et il a était préacheté par France 2.

Quels sont les étapes dans la création d’un court-métrage? Ad Astra Films finance les projets ou vous faites appel à des financements participatifs (KissKissBankBank,…)?

Sébastien: La création commence par développement d’un scénario, la recherche des financements, la pré-production, le casting, le tournage, puis la post-production (avec le montage, la musique, le mixage…). Ensuite il faut faire vivre le film en festivals et auprès des chaînes TV. C’est un processus très long. Pour un court-métrage de 15 minutes, par exemple, on compte environ 18 mois en moyenne, depuis la réception du scénario jusqu’à la fin de la postproduction.

En France, contrairement aux Etats-Unis par exemple, les films (notamment les courts métrages) sont le plus souvent  financés par l’argent public, c’est-à-dire grâce aux subventions et différentes aides de l’état, des régions, etc… Nous sommes chanceux d’avoir ce système de soutien au financement en France. En même temps, chez Ad Astra Films, nous essayons de diversifier ces sources le plus possible.  Depuis la production de notre premier film, nous cherchons des sources alternatives dans le secteur privé. Nous avons financé la plupart de nos films grâce à des sponsors et des mécènes, à qui nous proposons des places aux avant-premières, leurs noms au générique, ou la possibilité d’assister au tournage du film. Nous faisons également du placement de produit, et utilisons parfois le système du financement participatif via kickstarter (4000$ levés auprès d’une centaine de souscripteurs). Nos films sont régulièrement achetés par des chaînes télé comme France2, France3 et d’autres chaînes étrangères. Ils sont également accessibles en VOD (Video on demand / vidéo à la demande) sur Dailymotion. Tout ceci a un vrai impact sur la notoriété de nos films, qui sont vus par de nombreuses personnes, notamment quand ils passent sur France TV (200.000 spectateurs en moyenne).

Quels conseils pour les jeunes cannois passionnés par le cinéma qui voudraient devenir réalisateur?

David: Le métier de réalisateur est une profession complexe. Il faut être armé de beaucoup de patience car malheureusement la passion ne suffit pas. Ce n’est pas un métier où la pratique est constante. On est sujet à beaucoup de remise en question et je pense qu’il faut les accepter, c’est le propre de l’artiste. Malgré tout cela, il ne faut pas abandonner même face à l’adversité et aux doutes. Car si on sait bien s’entourer, les gens avec qui nous travaillons sauront toujours nous remettre sur le chemin de l’optimisme. C’est très important de trouver les bonnes personnes avec qui travailler ! Le côté humain joue énormément dans la réussite d’un film, du moins de mon côté c’est un facteur primordiale qui me permet de bien travailler. Il est très important aussi de faire preuve d’humilité et d’accepter les critiques constructives autour de notre projet artistique, car il ne faut pas oublier qu’un film est l’œuvre d’une équipe et non d’un seul homme.

Ad Astra Films accepte des jeunes cannois en BTS Audiovisuel en stage ou alternance?

Sébastien: Oui tout à fait ! Nous avons à cœur de développer une équipe de techniciens locaux et nous faisons souvent appel pour nos projets ou nos stages à des étudiants de l’ESRA Côte d’Azur ou bien du BTS de Carnot.

Vos vœux pour Ad Astra Films en 2014?

David et Sébastien: Que notre premier long métrage (« Brides » ou « Les Mariées » en Français) puisse être sélectionné dans de grands festivals comme Cannes, Berlin ou encore Venise, et qu’il puisse ensuite trouver son public dans des salles de cinéma en France. Nous avons plusieurs films (courts et longs) en développement, dont la plupart ont déjà été préachetés par des chaines TV.  L’année 2014 va être une année très dynamique et très chargée pour notre société.

 

crédit photo : DR


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